A cette heure, ou les âmes errantes reprennent vie, la vie elle-même décide de danser avec moi. Las de vouloir vivre, voulant m'abandonner à une mort partielle sous le doux battement de la pluie qui berce mon c½ur, voila qu'elle cesse, tout comme l'agitation du corps délabré qui n'a de cesse qu'avant ses yeux clos. Vient alors à mon esprit une connexion évidente. Voulant m'assurer de la beauté du corps étranger qui s'écrase sur l'inconnu sans but, je décide d'animer mon corps. La pluie redouble de puissance. Elle n'est plus ce doux tintement que ma vue percevait. Je pars à la conquête d'une force inexistante en moi, je veux qu'elle vive avec moi, qu'elle vive en moi, à travers moi. Je me lève. Ma chair devient lambeaux, je ne peux m'arrêter, la tempête fait rage au-dehors, elle est en moi, je me fais violence voulant pousser l'horreur sublime à se déchaîner, à me déchirer. Je ne suis plus moi, je deviens l'inexploré, la pluie guide mes gestes. Cruelle extase. L'âme errante à trouver guide en cette nuit. A l'aube, elle n'est plus que débris immobiles gisant à même l'enfer. Sentiment éphémère d'existence.